LGV PACA: ULTIME REUNION CONTRE LE TRACE SUD LE 2 JUIN
Le
projet de ligne à grande vitesse (LGV) Paca aura réussi un exploit, avant même
la pose des premiers rails : celui de rapprocher de farouches opposants, pour
ne pas dire ennemis d'hier. Ceux qui se battaient de toutes leurs forces
contre le TGV et ceux qui s'époumonaient pour défendre le sujet.
À quelques semaines de la
décision finale - Réseau ferré de France présentera ses propositions à l'État
le 10 juillet - c'est l'union sacrée pour dire non au tracé semblant pour
l'instant recueillir les faveurs de l'État, celui des métropoles (Marseille-Toulon-Nice).
La ligne, clament les « anti », la plus coûteuse et la plus pénalisante au
niveau de l'environnement. Ces opposants rediront leur détermination lors
d'une réunion à La Garde, le 2 juin (1).
«
La moins bonne des solutions retenue »
On y trouvera Stop TGV
Coudon, créé en 2005 et fédérant 700 adhérents. Pour Olivier Lesage et
ses troupes, le TGV, au départ, c'était non, quelle que soit la ligne.
Aujourd'hui, le président de l'association s'est fait une raison : « Nous
continuons à penser que la solution la plus rentable en terme de qualité-prix
aurait été le développement des lignes régionales actuelles. On nous a
imposé la LGV. On espère néanmoins le tracé le plus intelligent. » À ses
côtés, Alain Patouillard et son association TGV Développement Var Nice Côte
d'Azur. Qui appelle de ses voeux depuis l'an 2000 l'arrivée de la ligne à
grande vitesse. Mais aujourd'hui, mêmes réticences. « Le tracé des métropoles
est la moins bonne des solutions, nous l'avons dit dès le départ. Sur le
plan purement technique, c'est une plaisanterie », relève Alain Patouillard.
Avec eux, deux autres
associations, Ensemble La Garde et Énergies et compétences, qui, elles, ont
pour souci essentiel de préserver La Garde et ses environs, sans être
anti-TGV au départ. « Au contraire, note Frédéric Fettis (Énergies et
compétences) c'est un projet audacieux. Il y a urgence à trouver une
alternative à la route. Mais quel intérêt pour le Var et pour La Garde avec
cette ligne des métropoles ? » Ange Ettori (Ensemble La Garde) ajoute : «
Percer le Coudon pour une ligne de 2 milliards de plus, ça semble aberrant.
»
Tous se rejoignent sur un
tracé : la liaison longeant l'autoroute A8, à partir d'Aix-en-Provence pour
traverser le centre Var, avec une gare au Muy par exemple.
Enfin, tout calcul
politique est exclu de leur démarche, jurent-ils ensemble. Même si les deux
associations gardéennes sont clairement situées à gauche ? « Aujourd'hui,
notre bataille est transcourants », clament-ils. « Il y a des gens de droite
dans Stop TGV Coudon », précise Olivier Lesage, qui fut candidat suppléant
aux législatives (UDF-MoDEM).
Bataille
en coulisses
Cet oecuménisme politique
tranche avec les batailles au sommet qu'on devine en coulisses. Et que les
opposants au tracé sud espèrent voir évaluer en leur faveur. Ainsi ont-ils
accueilli avec un grand sourire la récente déclaration du préfet de région
se déclarant favorable à un tracé à partir d'Aix (évitant Marseille),
avec une gare TGV au nord de Toulon.
Le préfet de région
Michel Sappin a mis en avant la rapidité (Paris-Nice en 3 h 36, au lieu de 3
h 53 par Marseille et Toulon) et le moindre coût (1,5 milliard d'économie).
Ses propos ont déclenché la fureur du maire de Marseille, Jean-Claude
Gaudin, fustigeant le « sacrifice des populations » de Marseille et Toulon,
« erreur lourde de conséquences ».
Les Varois opposés au
tracé sud veulent voir, eux, le signe d'un début de marche arrière de l'État,
qui voudrait se dégager en douceur de l'hypothèse la plus ruineuse. Qu'en
pense le secrétaire d'État à l'Aménagement du territoire et maire de
Toulon, qui a toujours prôné la solution passant par sa ville ou à côté ?
Silence radio pour l'instant. Mais réponse bientôt. Le dossier arrive au
bout du tunnel.