Parlementaires:
Pour gagner plus, encore faut-il être présents aux séances!
La
Télévision et FR 3, par ses émissions
du mercredi sur les questions posées au gouvernement, a familiarisé les français
avec les séances publiques du parlement.
Les
téléspectateurs ont eu la surprise de constater combien l’hémicycle était
peu rempli.
Cette
constatation a été confirmée lors des séances tenues en juillet pour la
session extraordinaire décidée par la majorité issue des élections de juin
2007. Il s’agissait, pourtant, de projets décisifs pour l’avenir du pays.
Les
travailleurs de toutes catégories, du salarié à l’artisan, en passant par
le retraité, ont de la peine à comprendre et à approuver cet absentéisme que
les intéressés justifient par des charges de travail imposées par les
diverses commissions crées au sein de chaque assemblée.
Mais
cet absentéisme n’existe-t-il pas aussi dans les dites commissions ?
Cette
situation ne peut que discréditer le régime parlementaire. Quel français
pourrait déserter son emploi sans être sanctionné au niveau de ses émoluments ?
Dans
une période où il est beaucoup question de réformes, il serait opportun
d’instituer – s’il n’existe déjà- un règlement intérieur qui
tendrait au respect d’une présence régulière des représentants de la
Nation aux séances du Parlement, pour lesquelles ils semblent être
largement rémunérés. La bataille des investitures montre combien l’emploi
en cause est recherché. Le spectacle affligeant des travées quasi vides nous
serait ainsi épargné.
Par
respect des autres, ce règlement interdirait également aux parlementaires présents
de quitter la séance lors du défilé des orateurs à la tribune : toutes
les opinions sont bonnes à entendre.
Faut-il rappeler que les séances ont lieu du mardi au vendredi ;or, le premier et le dernier jour de la semaine voient de nombreux élus revenir de leur circonscription ou la rejoindre, appelés par le cumul des mandats.
Pour
le seul Palais Bourbon, (cf le Monde du 29/06/2007), 253 députés sont également
maires, 226 conseillers généraux et régionaux, avec des fonctions de présidents
ou vice-présidents et les émoluments et indemnités correspondants.
A
cela, il faut ajouter le régime spécial de retraites dont ils bénéficient.
Le
développement de l’intercommunalité et le rôle grandissant des régions ont
renforcé le cumul des mandats.
Ce
problème, souvent abordé, n’a pas trouvé de solution, à ce jour.
Pour
légiférer, l’ensemble des budgets des deux assemblées s’est élevé en
2006 à 833 millions d’euros (cf le Monde
déjà cité). L’indemnité parlementaire s’élève à 5 177 €
net par mois, assortie d’une indemnité mensuelle brute représentative de
frais de mandat de 6 278 € et d’un crédit mensuel de 8 949 €
pour la rémunération de leurs collaborateurs.
Les
smicards apprécieront l’importance de ces crédits qui justifieraient le
respect d’une certaine ponctualité !
Ce
problème a été évoqué dans les cercles dirigeants ; l’idée a circulé
de pénaliser l’absentéisme.
Mais
cette menace n’a pas ému les intéressés car l’hémicycle est resté peu
fréquenté et la majorité continue d’être absente lorsque l’opposition
s’exprime à la tribune.
Il
a été repris dans « le Monde » du 6 août par un M. de Montvalon
qui a évoqué les réflexions d’un comité chargé de moderniser les
institutions de la V° République, sous l’égide de M. Balladur (on se
rappelle que ce dernier a, en 1993, fait relever le nombre d’annuités nécessaire
aux salariés du privé pour accéder à la retraite, ce qui a permis à
M.Fillon, en 2003, de placer les deux secteurs, public et privé sur un pied
d’égalité, vers le bas).
De
ce long exposé, on retiendra surtout que son auteur estime qu’il est
difficile d’imaginer ce que donnerait l’examen d’un texte de loi si 577 députés
étaient présents en séance pour en discuter chacun des termes.
Alors,
pourquoi ne pas réduire à 300 députés la représentation nationale ?
Dans le Var, nous pourrions avoir 3 ou 4 députés au lieu de 7 actuellement.
Que
d’économies en perspective ! Mais que deviendrait l’ambition de
redonner au Parlement la place qu’il mérite ? Que de contradictions !
A
Toulon, l’hebdomadaire « Telex » du 6 août dernier a donné la
parole à un député UMP du chef-lieu à propos de l’absentéisme dans les
assemblées. L’élu a émis un avis précis : le travail de ces dernières
ne peut se mesurer à la seule présence des élus ; il y a le travail dans
les commissions, celui au sein des
missions, des délégations, plus important que les débats soporifiques et rébarbatifs
des séances publiques. Et d’ajouter qu’il est vice-président de l’UMP,
vice-président de la commission de la défense nationale, suppléant à
l’assemblée parlementaire de l’OTAN, membre de la commission science et
technologie, auditeur des hautes études de la défense nationale et qu’il est
chargé de présider le colloque naval annuel du 15 novembre prochain. Il faut
ajouter les comptes-rendus publics.
En
résumé, les séances publiques apparaissent bien inutiles !
De
là à préconiser le vote par correspondance, il n’y a qu’un pas à faire !
d’autant que les lois nouvelles s’ajoutent souvent aux anciennes encore
inappliquées !!
Ce
député n’est pas au bout de ses peines car il est aussi candidat aux
prochaines élections cantonales.
De
tout ce qui précède, il résulte que ce problème de l’absentéisme demeure
irritant pour le français moyen. Il faudra bien le régler un jour !
Dans
l’intérêt du régime parlementaire lui-même.
André HANOUN - septembre 2007