A PROPOS DES REGIMES SPECIAUX
DE RETRAITES
L’offensive
contre les régimes de retraite a commencé en 1993 lorsque la majorité
parlementaire de l’époque a suivi M. Balladur pour porter les annuités de
retraite des salariés du secteur privé de 37,50 à 40.
En
2003, une nouvelle majorité de droite, issue de la consultation de 2002, a , à
l’initiative de M. Fillon, porté de 37,50 à 40 annuités ( à hauteur du
privé) le régime du secteur public.
Personne
n’a gagné à cette mesure, l’argent perdu par les uns ne profitant pas aux
autres.
Dans
les prochaines années, l’ensemble des salariés devenus retraités subira
l’effet de ces « réformes » ; nos enfants et petits enfants
pourront en témoigner.
Dans
la foulée, ce sont les régimes spéciaux qui sont dans le collimateur de nos
« réformistes » : cheminots, électriciens, agents des
transports parisiens, notamment, ont pu, par leur combativité, arracher des
statuts plus avantageux, compte tenu des conditions particulières de travail
dans ces corporations.
Comme
pour les réformes précédentes, le système en place veut égaliser par le
bas.
Par
contre, le silence total règne sur certains régimes spéciaux qui échappent
à toute publicité.
Qui
connaît l’avantage appréciable accordé aux officiers généraux et amiraux
qui perçoivent, à leur retraite, leur traitement d’activité, tandis que les
autres fonctionnaires n’ont droit qu’à 75%
de leur traitement budgétaire ?
Sait-on
comment est calculée la retraite des parlementaire et autres élus ? est
-ce au prorata de la durée de leurs mandats ou à l’issue des 40 annuités réglementaires
de la fonction publique ? Nul ne le sait.
Personne
n’agite ce problème et surtout pas les intéressés, par ailleurs législateurs.
Ni les deux ministres, anciens inspecteurs des finances, qui percevaient les
retraites afférentes à ce grade sans avoir jamais exercé cette fonction.
A
propos de retraite, « l’Express » du 1er juin 2006 a
publié une intéressante étude sur les émoluments des chefs d’Etat à
travers le monde. On y apprend que l’actuel président des français percevra,
comme retraite, la modeste somme de 18 889 € par mois au titre de ses
mandats successifs : ancien député : 5 601 € ; ancien
maire de Paris : 2 480 € ; ancien conseiller général : 2 318
€ ; ancien conseiller à la Cour des Comptes : 3 148 € ;
ancien président de la république : 5 342 €. Pour 5 retraites, il
faudrait à un citoyen ordinaire 200 ans d’activité ; 40 ans suffisent
à M. Chirac.
L’hebdomadaire
cité ne précise pas si ces 40 annuités sont calculées à partir d’annuités
et de versement de cotisations mensuelles. On peut, cependant, noter que la
seule retraite de Président de la République (5 342 € par mois) se
rapporte aux deux mandats de 1995 à 2007, soit 12 ans. On est loin des
40 annuités prévues par la réforme Fillon.
Sans
verser dans un anti-parlementarisme primaire, on ne peut que regretter que
personne, dans les médias, n’évoque la simple égalité des citoyens devant
la loi, à propos de ces régimes spéciaux de retraite.
Si
cette exception est française, elle est soumise à l’appréciation des
candidats aux prochaines consultations.
Dans ce domaine, comme dans d’autres, « il y a du grain à moudre » car l’ordre du jour est aux économies.
André HANOUN - mars 2007